Le samedi 20 septembre 2025, la Cité Francophone a accueilli une discussion communautaire organisée par la FRAP et le Réseau Contact Femmes sur un sujet crucial : le racisme. Animée par Carine Ouedraogo, coordonnatrice de programme francophone, cette rencontre a rassemblé des femmes de diverses communautés afro-descendantes pour partager leurs expériences et réfléchir collectivement aux solutions.
La séance a débuté par une activité symbolique où les participantes devaient reconstituer des morceaux de papier de différentes couleurs pour former un carré complet. Cette métaphore puissante illustrait parfaitement le message central : “Dans la vie, souvent on est dans un milieu où on est différent des autres. On peut être différent de par la culture, de par la religion, de par sa couleur de peau, mais on est tous ensemble dans la société. On forme un tout.”
L’atmosphère a été d’emblée posée comme un espace sécurisé et respectueux, permettant à chacune de partager son vécu sans jugement. Les participantes originaires de diverses communautés: Côte d’Ivoire, Cameroun, Maroc, Haïti, Congo ou encore Colombie ont créé une mosaïque représentative de la diversité francophone d’Edmonton.
Emma, jeune Ivoirienne arrivée depuis un an au Canada, a partagé son expérience difficile dans une colocation. Face à des colocatrices de la “communauté accueillante” qui refusaient de faire leur part du ménage et adoptaient des comportements discriminatoires, elle s’est retrouvée isolée : “Elle m’a dit clairement : tu n’es pas chez toi, pars chez toi.” Ce témoignage illustre comment le racisme peut se manifester de manière subtile mais destructrice dans les relations de proximité.
L’animatrice a raconté comment un chauffeur de bus a tenté de lui refuser l’accès malgré sa poussette et son enfant de 7 mois, créant une situation d’humiliation publique devant 70 passagers. Sa réaction, rester ferme sur ses droits tout en connaissant la loi démontre l’importance de s’informer sur ses droits et de ne pas céder à l’intimidation.
Les témoignages ont révélé de nombreuses micro-agressions : regards évitants, changements de place dans les bus, refus de collaboration au travail ou à l’université, et commentaires déplacés.
Les groupes de travail ont identifié les stéréotypes les plus fréquents touchant les personnes afro-descendantes :
Les participantes ont souligné comment ces préjugés affectent l’accès aux services : “La police, quand un afro-descendant vient dire qu’on l’a violé, ils vont te dire que ta version n’est pas fiable. Forcément, tu l’as séduit. C’est toi qui es le coupable.”
Un point crucial soulevé est le manque d’unité au sein même de la communauté afro-descendante : “Quand tu arrives de l’Afrique, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, du Maroc, ce sont parfois tes propres frères qui vont te décourager.” Les participantes ont insisté sur la nécessité de créer une communauté plus soudée.
L’animatrice a particulièrement insisté sur l’importance de la participation aux instances décisionnelles : “Là où les décisions se prennent, si nous ne sommes pas là-bas… Même si vous ne comprenez pas, le seul fait que vous soyez là pour voir ce qui se passe est une bonne chose.” Elle a donné l’exemple concret de son engagement dans les comités de parents d’élèves et les activités de financement scolaire.
“Si on se vend moins cher, on va nous acheter moins cher. Si on se vend cher, on va nous acheter très cher,” a rappelé une participante, soulignant l’importance de valoriser les contributions africaines et de dépasser les clichés négatifs véhiculés parfois par les médias de nos pays d’origine.
La séance s’est terminée par des informations pratiques cruciales :
Cette discussion a révélé la complexité du phénomène raciste et la nécessité d’une approche multifacette combinant :
La richesse des échanges et la qualité des témoignages témoignent de l’importance vitale de ces espaces de parole.
Cette initiative, rendue possible grâce au soutien de la Foundation For Black Communities, illustre parfaitement l’importance de créer des espaces de dialogue authentique sur les enjeux de discrimination. La FRAP et le Réseau Contact Femmes continueront d’organiser ces discussions essentielles pour bâtir une société plus juste et inclusive.
La prochaine rencontre communautaire aura lieu le 18 octobre 2025 et promet d’être festive avec de nombreuses activités.
Cet article a été rédigé à partir des témoignages recueillis lors de la discussion communautaire du 20 septembre 2025. La FRAP remercie toutes les participantes qui ont accepté de partager leurs expériences avec courage et générosité.
Nous reconnaissons que nous nous trouvons sur le territoire traditionnel du Traité no 6, terre des peuples autochtones, notamment les Cris, les Dénés, les Nakotas Sioux, les Métis et les Ojibwés. Nous respectons les liens profonds et durables que ces nations entretiennent avec ce territoire et nous rendons hommage à leurs aînés, passés et présents, ainsi qu'aux générations futures. Nous nous engageons à honorer l'esprit de réconciliation et à travailler en partenariat avec les peuples autochtones pour bâtir un avenir inclusif et respectueux.
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